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CNESER 20 décembre 2018 • Avis CGT sur l’inscription du doctorat au RNCP

jeudi 20 décembre 2018

Avis CGT sur le point 3 - Projet d’arrêté définissant les compétences des diplômés du doctorat
et inscrivant le diplôme de doctorat au répertoire national de la certification professionnelle (RNCP).

La loi Fioraso de juillet 2013 prévoyait la reconnaissance de ce diplôme dans les conventions collectives de branches. Fin 2018, ce n’est toujours pas le cas !

La démarche d’inscription du doctorat au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) fournissant aux employeurs potentiels de docteurs une vision concrète du niveau et de la qualité de ce diplôme pourrait être une nouvelle étape pour la reconnaissance du doctorat comme niveau le plus élevé de qualification (niveau 8) si elle ne se limitait pas aux supposées « compétences » relevant du « savoir-être ou du « management ». Force est de constater que cela n’est pas le cas.

La CGT ne rejette pas la démarche de description des compétences générales associées au doctorat, démarche que les jeunes docteurs eux-mêmes ont initiée il y a plusieurs années, si l’on parle bien des compétences liées aux contenus disciplinaires et à la démarche de recherche qui sont au coeur de nos formations. Le doctorat représente une expérience professionnelle spécifique de haut niveau, et les docteurs peuvent d’ailleurs revendiquer directement l’accès à un métier, celui de chercheur·e ou d’enseignant·e-chercheur·e !

La CGT considère que la place occupée dans ces fiches par l’innovation et la valorisation est disproportionnée et qu’en conséquence, les compétences décrites ne peuvent s’appliquer à l’ensemble des doctorats. Certaines dépassent le niveau d’un docteur tout juste diplômé. Ce sont souvent des potentialités que clairement tous les docteurs ne développeront pas ou en tout cas pas sans expérience et formation complémentaire après recrutement.

C’est une vision dans laquelle prédomine la limitation a priori de la recherche à ce qui devrait produire une plus-value économique, en faisant à la fois l’impasse sur la recherche fondamentale et sur ce qui définit fondamentalement une démarche de recherche. À suivre votre logique réductrice, on aboutirait à supprimer les doctorats de philosophie, d’histoire, d’anthropologie, ou encore certains sujets de recherche en mathématique, vu qu’il n’est pas souvent possible pour ces disciplines de définir en préalable si elles permettront de « valoriser des résultats et des produits dans des secteurs économiques ou sociaux », ni si elles produiront de « l’innovation et des solutions nouvelles pour un secteur professionnel ».

La définition d’un bloc commun de compétences valable pour l’ensemble des doctorats, donc pour l’ensemble des disciplines ou des démarches interdisciplinaires, supposerait de faire référence en premier lieu à des compétences liées à la recherche fondamentale, et principalement référence à la logique fondamentale d’une démarche de recherche : des procédés et processus d’acquisition d’un état des connaissance, de problématisation, d’expérimentation et de démonstration, indépendamment des diverses formes de valorisation, d’opérationnalisation et d’instrumentalisation des résultats disciplinaires divers par des secteurs d’activité, tout aussi divers par nature, c’est-à-dire diversifiés en termes d’enjeux, de besoins, de degré de marchandisation.

Enfin dernière remarque, dans de nombreuses disciplines, on ne voit pas trop comment un doctorant, qui intègre une équipe de recherche, pourrait développer des compétences de « management d’une équipe de recherche ».

La CGT est opposée à la logique des « blocs de compétences » qui peuvent donner lieu à des certifications qui visent à se substituer aux niveaux de qualifications liés aux diplômes nationaux.

La CGT regrette l’orientation choisie ici pour décrire le doctorat et votera contre ce texte.

► Voir le compte rendu CGT de la séance du CNESER du 20 décembre 2018

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