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vendredi 6 mai 2022

Blog du syndicat CGT université et INSA Rouen

RIPEC, repyramidage : le ministère a mis en place des usines à gaz, nous ne cautionnerons pas ses procédures

Communiqué des syndicats FSU et CGT

Dans le cadre de la loi de programmation de la recherche, le gouvernement a instauré de nouveaux dispositifs pour « améliorer » les carrières et les rémunérations des enseignant·es-chercheur·ses avec le repyramidage (possibilités de promotion) et le RIPEC (régime indemnitaire). Ces dispositifs inégalitaires et opaques vont générer frustration et incompréhension, tout en nécessitant la production de centaines de dossiers par les candidat·es et d’un plus grand nombre encore de rapports par des « expert·es » bénévoles.

Une autre solution, bien plus simple et efficace, aurait consisté en une augmentation du point d’indice pour l’ensemble des personnels, comme le demandent toutes les organisations syndicales depuis plusieurs années. Le gouvernement a préféré inventer une procédure bureaucratique et
clientéliste. Rappelons également que cette prime (volet 3 du RIPEC) est le premier pas d’une individualisation des rémunérations des EC, sur le modèle du RIFSEEP que connaissent déjà les personnels BIATSS : l’expérience qu’ils en ont faite le montre, cette attaque statutaire aboutit à mettre en concurrence les personnels, tendant à limiter les coopérations et à casser les collectifs de travail. Les collaborations indispensables à l’enseignement supérieur et à la recherche seront de fait fragilisées.

Dans ce cadre imposé par l’État, l’intersyndicale FSU, CGT, CFDT et UNSA a proposé en comité technique, pour ce qui concerne le RIPEC, que le montant de la prime individuelle soit fixé à 3500 €, plancher fixé par le décret, afin que le plus grand nombre de collègues puisse en bénéficier. La direction de l’université n’a pas accepté cette proposition et a retenu un montant de 5000 €, ce qui privera, à terme, environ 150 collègues de la liste des bénéficiaires et contribuera à l’injustice ressentie.

Malgré notre opposition à cet ensemble de dispositifs et à leur mise en œuvre pratique sur certains aspects à l’université de Rouen Normandie, un certain nombre de collègues sont sollicité·es pour produire des rapports sur les candidatures à la prime individuelle ou au repyramidage. Nous avons toujours défendu le fait que les évaluations sur les dossiers individuels devaient donner lieu à des échanges entre les rapporteurs et rapportrices dans les instances élues (CNU ou conseil académique restreint) afin de pouvoir délibérer collectivement sur les critères retenus et ne pas se limiter à une évaluation bibliométrique de l’activité de recherche. Ce n’est pas le cas ici puisque des dizaines d’expert·es remettront un rapport écrit, « à l’aveugle » sans avoir ensuite la possibilité de confronter avec les élu·es leur grille d’évaluation. Il s’agira, sans aucun doute, d’une procédure opaque et subjective qui dépendra très fortement du choix des expert·es.

Dans le cas particulier du repyramidage, nous considérons qu’il aurait été plus juste de solliciter les CCSE des sections CNU concernées pour leur demander d’émettre un avis sur les différentes candidatures. Dans chaque discipline, ce sont les CCSE qui ont la légitimité et la compétence scientifique pour procéder à ces évaluations.

Pour toutes ces raisons, la FSU et la CGT invitent les collègues qui ne souhaitent pas participer à cette activité bénévole d’expertise, en plus de toutes les autres tâches qui relèvent de leurs missions, à ne pas le faire en mettant en avant leur désaccord sur le fond avec ces dispositifs.